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Terra Incognita, l'esprit humain

Terra Incognita numéro 2
Sommaire du magazine

Vers la connaissance de nous-mêmes (retour à la couverture)
Interview : Julia Migenes
Dossier : Avez-vous vécu avant cette vie ?
  • Article : La redécouverte de l'âme humaine
  • Article : Interview : Ron Hubbard
  • Article : Vies antérieures : le phénomène de l'oubli
  • Article : Remarques sur les vies antérieures
  • Article : Notre au-delà
  • Article : Le concept des vies antérieures à travers l'histoire
  • Article : Quand commence-t-on à vieillir ?
  • Article : La quête de l'immortalité
  • Article : Comment élever notre niveau de conscience
  • Biographie : L. Ron Hubbard
       
         

    Article : Le concept des vies antérieures à travers l'histoire


    La croyance en la réincarnation précède l'Histoire elle-même. Il est impossible de dire où cette notion est apparue pour la première fois, mais elle est présente dans toutes les religions et dans les mythes de presque tous les peuples primitifs.

         

    Depuis la préhistoire...


    L'homme de Cro-Magnon réalisait des peintures rupestres représentant des scènes de chasse, puis accomplissait des danses rituelles pour demander pardon aux esprits des animaux de les avoir tués. Les hommes de cette époque croyaient que les peintures retenaient les âmes des animaux, et ils déposaient des offrandes devant les peintures au cours de leurs danses rituelles, dans l'espoir de s'approprier la force émanant de l'esprit de l'animal.

    Des auteurs romains ont témoigné du fait que la croyance en la réincarnation était répandue chez les peuples gaulois et celtes, et faisait partie des enseignements druidiques.

    Les tribus indiennes d'Amérique du Nord, les Dakotas, les Hurons, les Mohaves et les Sioux croyaient, à quelques nuances près, au « Territoire Heureux de la Chasse », paradis où les combattants et chasseurs pouvaient chasser et festoyer après leur mort.

    Les Esquimaux du Groënland croient aujourd’hui encore que l'Homme est composé d'un corps, d'une âme et d'un nom. Après la mort, l'âme trouve un nouveau corps dans la mer ou dans le ciel et le nom revient de la tombe quand il est attribué au nouveau-né.

    Le concept d'une vie après la mort n'était pas inconnu des Incas, des Papous de Nouvelle-Guinée, des Mélanésiens, des Fidjiens, des habitants de Bornéo et de bien d’autres peuples. Les Druzes du Liban et des millions de Bengalis et de Birmans croient à la renaissance et, en Afrique, Zoulous et Bantous, entre autres, sont convaincus de l’existence des vies futures. Les Yorubas, en Afrique occidentale, accueillent les nouveau-nés par ces paroles: « Tu es venu », persuadés du retour parmi eux d’un de leurs ancêtres.

    Vies antérieures


    Egypte


    Dans l’ancienne Égypte, on déposait les morts dans les tombeaux et on les démembrait parce qu’on croyait que cela empêcherait l'esprit de retourner dans son ancien village.

    Les Égyptiens pratiquaient des rites funéraires pour les morts afin de leur assurer le bien-être dans la vie suivante.

    Vies antérieures


    Ils croyaient aussi que des guides tout-puissants les accompagnaient au long du chemin pour traverser la mort et le tombeau. Un chemin qui conduit au royaume de la lumière et de la vie, et à la présence de l'être divin Osiris, conquérant de la mort. Les Égyptiens croyaient qu’il permettait aux humains « de naître à nouveau ».

    Inde


    Les Aryens ont envahi l’Inde entre l’an 2000 et 1500 avant J.-C. et ont donné à l’hindouisme sa forme actuelle. Le système des castes s’est développé depuis ; il comprenait la croyance selon laquelle une personne renaissait dans des castes supérieures ou inférieures, y compris sous une forme animale ; cela dépendait de sa conduite dans la vie précédente.

    Le bouddhisme


    Gautama Siddharta (Bouddha) fonde le bouddhisme, qui s'étend à partir de l'Inde jusqu'en Chine, en Birmanie, au Japon, au Tibet et dans certaines parties de l'Asie du Sud-Est.

    Il enseignait qu'on ne peut échapper aux conséquences de ses propres actes et que, sans le cycle de la renaissance, la vie n'aurait ni sens ni but. La renaissance se produit vie après vie et l'individu est considéré comme éternel. Le cycle des renaissances continuera jusqu'à ce qu’on atteigne l'état de Nirvana. Le Nirvana est défini dans le bouddhisme comme l’état dans lequel on est complètement libéré du désir insatiable d'exister par ou dans des corps.

    Le bouddhisme ne nie pas qu'il y ait
    des niveaux d'existence supérieurs et inférieurs au-delà de ce monde.

    Ni qu'il y ait des dieux, quand bien même il refuse l'idée d'un Créateur unique.
    Les bonnes actions peuvent vous conduire au paradis, mais ce n'est pas là la seule garantie de libération ultime. Le bouddhisme, l'une des plus anciennes religions survivantes du monde, a civilisé les deux tiers de la planète.

    Celui qui est connu dans l’histoire comme Bouddha est né vers 563 avant J.-C. Fils du chef des Sâkyas, un clan qui gouvernait une région de collines du Nord de l’Inde, au pied de l’Himalaya, il était prince à sa naissance. Son nom de famille était Gautama et le nom qui lui avait été attribué était Siddharta, ce qui signifie « celui dont le but est accompli ». Il était connu pour sa beauté physique frappante autant que pour son talent inné. Il possédait richesse et santé, avait d’innombrables amis et une famille, en un mot, tout ce que la vie peut offrir de mieux.

    « La nouvelle doctrine que j’enseigne », disait-il, « sert à vaincre les intoxications mentales qui ont été générées, même dans cette vie. Je n’enseigne pas une doctrine seulement pour déraciner les intoxications de la vie future, mais une doctrine pour les vaincre maintenant et dans la vie future. »

    Le jaïnisme


    A la même époque que le bouddhisme - 600-500 av. J.-C., le jaïnisme est fondé par Jina, un réformateur hindou qui se révolta contre le système des castes.
    A certain égard le jaïnisme est proche du bouddhisme, surtout en ce qui concernait la doctrine de la renaissance et l’absence de dévotion à un être suprême.

    Socrate et Platon


    Platon (427-347 avant J.-C.) élabore sa philosophie des formes idéales et la croyance selon laquelle les objets physiques sont une représentation éphémère d'idées immuables; les idées seules donnent la vraie connaissance.

    Dans son livre, La République, Platon fait dire à Socrate :
    « Si donc vous m’en croyez, convaincus que notre âme est immortelle et capables de tous les biens comme de tous les maux, nous suivrons toujours la route qui conduit en haut, et nous pratiquerons de toute manière la justice et la sagesse. Par là, nous serons en paix avec nous-mêmes et avec les dieux... et nous serons heureux, à la fois sur cette terre et dans le voyage de mille années que nous avons décrit. »

    Platon écrit dans un autre de ses textes, Phèdre :
    « Chaque plaisir et chaque douleur est une sorte de clou qui transperce et rive l’âme au corps jusqu’à ce qu’elle devienne comme le corps et croie que ce que le corps affirme comme vrai est vrai. Et, ayant donné son accord au corps et ressentant les mêmes délices, elle est obligée d’avoir les mêmes habitudes et hantises et a peu de chance d’être pure quand elle partira pour le monde d’en-dessous, mais elle est toujours contaminée par le corps et ainsi s’enfonce-t-elle dans un autre corps. » Dans son ouvrage, Phèdre, Platon affirme : « Sans [la réincarnation], la vie disparaîtrait bientôt de l'univers. » Il dit que Socrate, condamné à mort, se considérait uniquement comme un être spirituel. Il reconnaît tout à fait l'existence de la réincarnation dans la dernière partie de son livre, De la République. Plusieurs écoles de pensée grecques adhéraient à cette croyance.

     

    Lettre de Gustave Flaubert à George Sand en 1866

           Je n’éprouve pas, comme vous, ce sentiment d’une vie qui commence, la stupéfaction de l’existence fraîche et close. Il me semble, au contraire, que j’ai toujours existé ! et je possède des souvenirs qui remontent aux pharaons. Je me vois à différents âges de l’Histoire très nettement, exerçant des métiers différents dans des fortunes multiples. Mon individu actuel est le résultat de mes individualités disparues. J’ai été batelier sur le Nil, leno à Rome du temps des Guerres puniques, puis rhéteur grec dans Suburre où j’étais dévoré de punaises. Je suis mort, pendant la Croisade, pour avoir mangé trop de raisin sur la plage de Syrie. J’ai été pirate et moine, saltimbanque et cocher. Peut-être empereur d’Orient aussi ? Bien des choses s’expliqueraient si nous pouvions connaître notre généalogie véritable… Ainsi l’hérédité est un principe juste qui a été mal appliqué.

     

     

    La naissance de Jésus-Christ


    Pour certains contemporains de Jésus-Christ, il était la réincarnation d'anciens prophètes. Les Evangiles nous disent que Jésus demanda à ses disciples: « Qui le peuple dit-il que je suis ? » Ses disciples avancèrent des noms populaires à l'époque, Elie, Jérémie ou même Jean-Baptiste. La rumeur se répandit et persista qu'en la personne de Jésus « un des vieux prophètes s'est levé à nouveau ».

    Les premiers siècles après J.C.


    Au cours des premiers siècles après
    J.-C., la croyance en la réincarnation apparut aussi dans les trois étapes marquantes du judaïsme :
    1. L'idée vague de la survivance de l'homme après la mort dans le schéol, un lieu dans les profondeurs de la Terre représentant l’enfer.
    2. L'influence croissante des études portant sur la résurrection et le jugement.
    3. La fusion des notions d'immortalité et de résurrection. A partir de là, s’est formé une partie de la théologie du judaïsme médiéval.

    Le théologien Origène (185-253 ap. J.-C.) pensait que ce n'est qu'à la lumière de la réincarnation que certains passages des Saintes Ecritures pouvaient être expliquées.

    Saint Jérôme (340-420 ap. J.-C.) disait que la réincarnation, sous un certain angle, était enseignée aux premiers chrétiens et qu'on en donnait une interprétation ésotérique qui n’était transmise qu’à quelques initiés.

    La réincarnation était une croyance fondamentale de l’Eglise catholique romaine jusqu’à l’an 553 ap. J.-C. où le second synode de Constantinople fut convoqué par l'empereur d’Orient Justinien.

    Il se réunit en l'absence du pape de Rome et condamna l'enseignement de la réincarnation.

    « Si quelqu'un affirme la préexistence fabuleuse des âmes, décrétèrent les évêques, et s’il se soumet à la monstrueuse doctrine qui en découle, qu’il soit anathème. »

    Toutes références au sujet furent effacées de la Bible. L’origénisme et la croyance en la préexistence des âmes furent déclarés hérétiques.

    Néanmoins, Saint Augustin, moine romain, y croyait fermement. En 597 ap. J.-C., il prit la tête d'un groupe de missionnaires qui débarquèrent en Angleterre et convertirent des gens au christianisme mais aussi à la croyance en la réincarnation. Il devint le premier archevêque de Canterbury, en l'an 601 de notre ère.

    Moyen Age


    De 1225 à 1274 ap. J.-C., St Thomas d'Aquin, philosophe italien et théologien catholique suivait la théorie d'Aristote selon laquelle l'âme est une « forme » du corps et il considérait qu'une distinction entre l'âme et le corps était contre-nature.

    Pour exister vraiment après la mort, l'âme doit être réunie au corps.
    Son raisonnement était le suivant : les saints qui vont au ciel attendent de pouvoir jouir de la béatitude à la « fin » de l'Histoire et à l’avènement de la résurrection générale.
    Cela est interprété comme impliquant la création de nouveaux corps dans les prochaines vies.

    Au Moyen Age, la croyance en la réincarnation, quoique plus rare, est manifeste. Parmi ceux qui affirmaient et propageaient cette croyance, figurent saint François d'Assise, fondateur de l'ordre des franciscains, Jean Scot Erigène, un moine irlandais et Thomas Campanella, un moine dominicain.

    Le sikhisme


    Le sikhisme (1500 ap. J.-C.), mélange d’hindouisme et d’islamisme, rejetait le système des castes mais professait l’idée selon laquelle l’âme renaissait dans de nombreux corps avant d’être suffisamment pure pour rejoindre l’Infini.

    Enfants prodiges


    En Allemagne, au XVIIe siècle, se produisit un événement hors du commun, qui marqua les esprits : la naissance d’un enfant prodige, le fameux « enfant de Lübeck » qui parlait quelques heures après sa naissance. Il connaissait les principaux événements des premiers livres de la Bible à l'âge de un an, de toute la Bible à deux ans, et de l’histoire mondiale à trois ans. En même temps, il apprit le latin et le français. Le roi du Danemark, entendant parler de cet enfant merveilleux et ignorant les rumeurs, le fit venir et en fut émerveillé. L'enfant prédit sa propre mort qui survint quand il eut quatre ans.

    A peu près à la même époque, il y eut le cas du français Jean Cardiac, qui connaissait l'alphabet à trois mois, pouvait converser dans sa langue maternelle à un an, en latin à trois ans, en anglais à quatre ans, en grec et en hébreu à six ans, sans parler de diverses autres langues. Avant de mourir à l'âge de sept ans, en 1726, il avait manifesté bien d’autres talents.
    Les cas d'autres enfants prodiges permirent de ranimer la croyance en la réincarnation.

    Voltaire faisait remarquer qu'il « n'est pas plus surprenant de naître deux fois plutôt qu'une ». Benjamin Franklin, Léon Tolstoï, Gustave Flaubert, Georges Bernard Shaw, Gustav Malher et Hermann Hesse partageaient l’idée selon laquelle la réincarnation va de soi.

    Juliette Sandre

     



       


    L'Egypte

    Le document le plus connu de la religion égyptienne daterait - selon certains spécialistes du Moyen Empire - de 2000 ans avant J.-C. Selon d’autres égyptologues, il serait encore plus ancien. Il s’agit du Livre des Morts, une sorte de Guide de la Vie immortelle où le concept de réincarnation est clairement exprimé.
    La partie la plus importante du Pert Em Hru est la scène du Jugement. Devant le défunt est placé la balance du Maat (autrement dit : vérité, justice, ce qui doit être) dans laquelle se trouve son cœur. Dans l’autre plateau, la Plume de la Vérité. Les deux plateaux doivent s’équilibrer pour déterminer si le défunt mérite sa vie future. Mais l’issue n’en était pas mise en question : le rituel du Pert EmHru servait à veiller à ce que le défunt y parvienne. La scène du jugement a lieu en présence d’Osiris, le dieu de l’Après-Vie.

    Vies antérieures - L'Egypte

     


    Les Veda

    Les Veda contiennent trois strates : les Samhita, les Brâhmana et les Upanishad. Le recueil le plus ancien contenant les Veda date d’il y a 3000 ans, mais on pense que leur origine est plus ancienne : 8000 avant J.-C. Ces écritures expriment des points de vue différents. Cent huit textes composent les Upanishad, dont dix ont une grande importance dans la religion hindoue actuelle.

    Upanishad signifiait littéralement : « être assis en dévotions auprès de son maître spirituel », puis, « enseignement secret ». C’est-à-dire réservé à ceux qui sont prêts à le recevoir.

    Celui qui sait ne naît ni ne meurt jamais, il n’a ni origine, ni devenir (...) En comprenant ce Grand Seigneur qui est le Soi, dépourvu de corps mais présent dans les corps, stable dans l’instable, l’homme sage ne peut être affligé… Il est délivré de la gueule de la Mort, car il a gagné le permanent », peut-on lire dans le Brihadâranyaka Upanishad.

    Vies antérieures - Les Vedas

     

    Bibliographie


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    - - -, and Others. Man’s Concern with Death. New-York: Mc Graw-Hill Book Company, First United States Edition 1969.
    • L. Ron Hubbard : Avez-vous vécu avant cette vie ?
    Edition New Era 1979.
    • Joseph Head et S.L. Cranston : Le Livre de la réincarnation, Ed. de Fanval.
    • Advance Magazine.
         
         
         

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